EPR Pack Report logoEPR Pack Report

CONAI pour l’e-commerce : comment fonctionne la déclaration des emballages en Italie

·8 min de lecture

Quiconque vend en ligne en Italie — ou y importe des marchandises pour les revendre — finit tôt ou tard par croiser le sigle CONAI, le Consortium National des Emballages. Comme en Allemagne avec LUCID, la responsabilité élargie du producteur se traduit ici par une obligation de déclaration des emballages et le versement d’une contribution. Mais le fonctionnement est différent, à commencer par un détail qui change tout le flux opérationnel : on ne téléverse aucun fichier, tout se remplit en ligne.

Dans ce guide, nous voyons quand l’obligation s’applique, à quelle périodicité on déclare, où la déclaration se fait concrètement et quels raccourcis existent pour les importateurs. Un ton pratique, pensé pour quelqu’un qui gère une boutique Shopify et n’est pas expert en droit de l’environnement.

Quand l’obligation CONAI s’applique

Le principe est le même que la logique REP européenne : quiconque met des emballages sur le marché italien — en les produisant ou en les important — doit contribuer au système de collecte et de recyclage. Pour un e-commerce, cela signifie que les emballages avec lesquels tu expédies (cartons, pochettes, calage, ruban) te rendent soumis aux obligations CONAI.

Là aussi, il n’y a pas de seuil minimum : l’obligation s’applique dès la première unité importée ou produite. Il n’existe aucun volume en dessous duquel tu serais exempté. C’est un point important pour les petites boutiques, qui supposent souvent être trop petites pour entrer dans le cadre — ce n’est pas le cas.

La Contribution Environnementale CONAI (CAC)

Le cœur économique du système est la Contribution Environnementale CONAI (CAC) : un montant dû par tonne d’emballage, différencié par matériau (papier, plastique, verre, acier, aluminium, bois, etc.). C’est ce que tu déclares et verses, et qui finance la collecte sélective et le recyclage.

Le calcul repose donc sur le poids réel des emballages par matériau. Et c’est justement la partie qui devient lourde lorsqu’on la fait à la main : tu dois savoir combien de grammes de carton, de plastique et d’autres matériaux tu as mis sur le marché sur une période donnée, agrégés par catégorie. C’est le travail qu’EPR Pack Report calcule automatiquement à partir de tes commandes Shopify réelles.

La périodicité : trimestrielle la première année, puis variable

C’est le point qui génère le plus de confusion, il vaut donc la peine de le poser clairement.

  • Première année d’inscription : périodicité trimestrielle obligatoire. Lors de l’inscription, la première année tu déclares chaque trimestre, sans alternative.
  • À partir de la deuxième année : périodicité variable. La cadence (annuelle, trimestrielle ou mensuelle) dépend du montant de la Contribution Environnementale déclaré l’année précédente. En bref : ceux qui déclarent des montants plus élevés restent sur une base plus fréquente ; ceux qui déclarent peu peuvent passer à une cadence moins serrée.

En pratique, le système est conçu pour que la fréquence suive le volume : plus tu mets d’emballages sur le marché (et plus tu verses de contribution), plus souvent tu déclares.

L’échéance : le 20 du mois suivant

Les déclarations périodiques doivent être déposées avant le 20 du mois suivant la période de référence. Pour une déclaration trimestrielle, le trimestre janvier–mars se déclare donc avant le 20 avril, et ainsi de suite. Garder cette échéance récurrente en tête est essentiel : c’est une date qui revient régulièrement et qui doit figurer au calendrier opérationnel de la boutique.

Où l’on déclare : uniquement en ligne, sans fichier

C’est ici que se trouve la différence la plus nette avec l’Allemagne. En Italie, il n’existe pas de format XML ou CSV à importer : la déclaration se fait exclusivement en remplissant le formulaire en ligne sur le portail dichiarazioni.conai.org.

Qu’est-ce que cela implique concrètement ? Que la valeur ajoutée d’un outil d’automatisation ne réside pas dans la génération d’un fichier à téléverser, mais dans le fait d’avoir les bons chiffres prêts à saisir dans les champs du portail : les totaux de poids par matériau, déjà agrégés pour la période de référence. Arriver au formulaire avec ces chiffres calculés et vérifiés transforme une opération longue et source d’erreurs en quelques minutes de saisie.

Les procédures simplifiées pour les importateurs

CONAI prévoit des procédures simplifiées pensées pour les importateurs, comme alternative au calcul analytique du poids réel pour chaque matériau. L’idée est d’appliquer un taux à la valeur des marchandises importées plutôt que de reconstituer le poids de chaque emballage.

Un exemple confirmé est le taux de 0,09 % sur la valeur pour les produits non alimentaires. Pour certains importateurs, cette voie forfaitaire est plus commode ; pour d’autres — surtout avec des marges fines ou de gros volumes — le calcul au poids réel peut s’avérer plus avantageux. Il vaut la peine d’évaluer les deux pistes, car la différence économique au fil de l’année n’est pas négligeable.

Note : les taux et conditions des procédures simplifiées peuvent être mis à jour par CONAI. Vérifie toujours les valeurs en vigueur sur le portail officiel avant de choisir un régime.

Les sanctions

Le régime de sanctions CONAI distingue le défaut d’adhésion des manquements à la déclaration de la contribution. Les références légales sont l’article 261 du décret législatif 152/2006 (Code de l’environnement) pour le défaut d’adhésion, et l’article 14 du Règlement CONAI pour les manquements relatifs à la déclaration et à la contribution.

  • Défaut d’adhésion à CONAI : une amende administrative de 5 000 € pour le producteur/utilisateur, à laquelle s’ajoutent la cotisation d’adhésion et les éventuelles contributions arriérées qui restent dues. Pour les producteurs d’emballages qui n’adhèrent pas aux consortiums, l’amende va de 15 500 à 46 500 €.
  • Déclaration omise, insuffisante ou inexacte de la Contribution Environnementale (ou usage frauduleux des exonérations) : une sanction égale à 50 % des sommes dues pour la première infraction, portée à 150 % pour les infractions suivantes.
  • Cause d’exemption par auto-dénonciation : aucune sanction ne s’applique si le consorti, avant le début des contrôles, auto-dénonce l’infraction et règle la contribution due dans les 30 jours suivant la présentation de l’auto-dénonciation (par lettre recommandée avec accusé de réception).

Le message pratique reste valable : la déclaration est une obligation légale et son omission t’expose à des sanctions proportionnelles à la contribution due. Mieux vaut mettre le processus en place proprement dès le départ — et, le cas échéant, utiliser l’exemption par auto-dénonciation avant un contrôle.

Emballage primaire, secondaire et tertiaire : ce qui entre en compte

Un doute fréquent concerne ce qui doit être déclaré. La logique REP prend en compte tous les niveaux d’emballage que tu mets sur le marché, pas seulement le conditionnement du produit :

  • Primaire : l’emballage en contact direct avec le produit (le carton de l’article unitaire, la pochette qui l’enveloppe).
  • Secondaire : ce qui regroupe plusieurs unités ou protège le primaire (l’étui, le carton contenant plusieurs pièces).
  • Tertiaire : l’emballage de transport, typique de l’e-commerce — le carton d’expédition, le film à bulles, le calage, le ruban adhésif, l’étiquette.

Pour une boutique Shopify, le tertiaire est souvent le poste le plus lourd en poids, justement parce que chaque commande voyage dans un carton avec son matériau de protection. C’est exactement ce qu’un calcul automatique par commande capte mieux qu’une estimation en fin de période : chaque expédition compte.

Tenir ses registres en ordre

Quelle que soit la périodicité, l’aspect qui fait la différence lors d’un contrôle est la traçabilité : pouvoir reconstituer comment tu es arrivé aux chiffres déclarés. Cela signifie conserver les données de poids par matériau, période par période, et la logique avec laquelle tu les as calculées. Se fier à des tableurs remplis à la main rend cette reconstitution fragile ; un système qui part des commandes réelles et conserve l’historique des calculs te laisse une trace ordonnée et cohérente, prête à montrer si besoin.

Récapitulatif : la déclaration CONAI dans un tableau

AspectComment ça fonctionne en Italie
Seuil minimumAucun — obligation dès la première unité importée/produite
Périodicité (année 1)Trimestrielle obligatoire
Périodicité (dès l’année 2)Annuelle, trimestrielle ou mensuelle, selon la Contribution déclarée l’année précédente
ÉchéanceAvant le 20 du mois suivant la période de référence
Comment on déclareUniquement en ligne sur dichiarazioni.conai.org — aucun fichier à téléverser
Base de calculPoids réel par matériau (Contribution Environnementale CONAI)
Alternative pour importateursProcédure simplifiée sur la valeur des marchandises (ex. 0,09 % pour les produits non alimentaires)
SanctionsDe 5 000 € (défaut d’adhésion) jusqu’à 46 500 € pour les producteurs d’emballages · 50 %/150 % de la contribution en cas de déclaration inexacte

Que faire maintenant

Si tu vends en Italie, les étapes sont : t’inscrire à CONAI, prévoir la périodicité trimestrielle de la première année, noter l’échéance du 20 au calendrier et décider si le calcul au poids ou une procédure simplifiée te convient. Ensuite, le travail récurrent consiste à collecter les poids par matériau de chaque période — la partie qu’EPR Pack Report calcule pour toi à partir des commandes Shopify, pour que tu arrives au portail avec les totaux déjà prêts.

Tu expédies aussi en Allemagne ou en France ? Les logiques diffèrent : lis le guide sur LUCID et VerpackG et celui sur Citeo en France, ou pars du guide comparatif REP pour vendre dans plusieurs pays de l’UE.

Il reste entendu que la déclaration et la responsabilité légale finale t’appartiennent : EPR Pack Report soutient le calcul et la préparation des données, il ne remplace pas les obligations.

Continuer la lecture

Tous les articles